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Extraits de l'article de Jérémie Szpirglas, paru dans le Monde de la Musique en décembre 2007 : "Quand le baroque sent l'ail..."
"XVIII-21 est venu à Bucarest pour jouer non pas de la musique française mais du baroque de Transylvanie. Oui, du baroque, et non une musique fantastique qu'auraient pu jouer Dracula et ses amis vampires. Qu'un ensemble français s'intéresse à un répertoire aussi méconnu peut sembler incongru , mais Jean-Christophe Frisch (...) n'est pas un baroqueux comme les autres. (...) Les nombreuses oeuvres occidentales qui, jouées aux quatre coins du monde, ont peu à peu assimilé des éléments locaux sont autant de trésors que Frisch et ses compagnons s'attachent à faire revivre. (...) Tel Indiana Jones, il se met en tête de dévoiler les influences qui, venues d'Orient, ont pu s'exercer sur la vie musicale aux marches de l'Europe. Il ne se contente pas de faire de recherches ; il les met en partique et le concert de ce soir est précisément une application de ces métissages ; comme à leur habitude, les Français de XVIII-21 vont jouer avec des musiciens du cru, dont trois spécialistes de la musique tsigane.
(...) C'est alors que, sans crier gare, les trois Tsiganes posent leurs délicats archets baroques et s'emparent chancun d'une baguette monstrueuse qui tient plus de la branche d'arbre que de l'archet. (...) Ils s'embarquent alors dans une danse traditionnelle où l'on retrouve la jubilation rythmique qui fait le sel des danses tsiganes.
(...) Les deux danseurs tourbillonnent, les rythmes s'accélèrent. Les (...) instruments font des merveilles : un bourdon formidable remplit la salle, la puissance de l'ensemble est phénoménale.
(...)
Le Codex Caioni contient un échantillon de magnifiques motets de compositeurs parmi les plus talentueux de ce temps, sans distinction de confession, reflétant la tolérance religieuse qui régnait dans la région à cette époque.
(...) Dans le manuscrit apparaissent, au détour d'une chanson ou d'un air recopié par Caioni, quelques personnages historiques passés dans la légende. La chanson de la princeese Lupul (...) fait partie de l'imaginaire populaire (...) et s'étire en une longue et déchirante complainte. La Soprano Cyrille Gerstenhaber (...) s'envole dans des mélismes qui tirent des larmes.
(...) C'est la fin. On revient doucement vers le XXIème siècle. Chacun rentre chez soi avec l'impression d'avoir fait un voyae dans le temps et l'espace et d'avoir, pour un instant, partagé le quotidien d'un archéologue."
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