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Comme il écrit très bien, nous lui avons demandé de faire son autoportrait. Comme il aime les boîtes, il y a des liens dans son texte; ne les ratez pas, Rémi s'y dissimule, de même qu'il se cache derrière son théorbe, pour mieux le faire entendre.

J'ai revu cet été les carpes koï d'Utrecht. Je n'étais pas revenu jouer au Festival Oude Musiek depuis la fin du mois d'août 2002 : c'était, je crois bien, mon premier concert avec XVIII-21, un programme 'chinois', avec sonates de Pedrini et divertissements d'Amiot. Dans un bassin, au foyer des artistes, derrière le grand auditorium de Vredensburg, nageaient de gros poissons multicolores. J'ai lu depuis quelque part que nos poissons rouges ordinaires descendaient de ces carpes, ramenées d'Extrême-Orient par des missionnaires européens au XVIII ème siècle. Je les imagine bien, pendant le hasardeux voyage du retour, immobiles dans leurs baquets, serrées à fond de cale entre des ballots de soie et la malle de la poste contenant les notes d'Amiot sur la musique chinoise — les concerts de XVIII-21 racontent souvent des histoires où souffle l'air du large.
Cette année-là, à Utrecht, je sortais juste de mes études au CNSM de Lyon, et le dépaysement fut assez violent. Après plusieurs années de collaboration régulière avec l'ensemble, j'y ai pris goût à mon tour, et je mesure combien la curiosité de Jean-Christophe pour les ailleurs qu'il s'invente contribue à donner leur touche inimitable aux concerts de XVIII-21.
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