Dernières créations
Sur les Rives d'Abyssinie
Melothesia Æthiopica
Pourrait-on imaginer qu’un orgue, parti de Lisbonne autour de 1600 a été transporté par bateau et à dos de chameau jusqu’au fin fond de l’Abyssinie !? Que les violes de gambe ont résonné au pays du Prêtre Jean !? Qu’à proximité des Sources du Nil Bleu, on trouve encore l’église bâtie par les pères jésuites, à l’époque où l’empereur Susenyos s’était converti au catholicisme en secret. Que le plus grand traité de composition du 17e siècle, publié à Rome, contient de la musique en Amharique, la langue des hauts plateaux d’Ethiopie ? Quand la voix de Cyrille Gerstenhaber s'entrelace à celle de Salamnesh, on rêve à toutes les mélodies qui ont traversé l'Abyssinie au 17e siècle, au mélange de la terre rouge des hauts plateaux et du verre de Murano. Et quand les corps d'ébène des danseurs Melaku Belay et Zenash Tsegaye, en passe de devenir les artistes éthiopiens les plus connus au monde, se délient sur les folies d'Espagne à la viole de gambe, la transe nous effleure...
10 artistes : soprano, 1 chanteuse éthiopienne, 2 danseurs éthiopiens, flûte, théorbe, viole de gambe, clavecin, massinko, kebero
Schubert Klezmer
Un café viennois vers 1820, dans un coin des musiciens jouent. Franz Schubert discute avec son ami Solomon Sulzer, cantor d'une synagogue voisine, et d'autres musiciens moins connus, juifs ou non. Solomon vient d'être nommé professeur à l'Académie Impériale. Un autre ami de Schubert, le Tchèque Vaclav Matiegka apporte sa dernière partition. On joue et on chante avec les musiciens du jour, des tubes du moment, en allemand ou en yiddish, en les adaptant si nécessaire... Der Hirt auf dem Felsen — le Pâtre sur le Rocher, ou un yiddishe Lied... On passe sans s'en rendre compte d'une musique à l'autre, Schubert se met au piano, et inspiré par les airs juifs, improvise... Vienne est la capitale musicale d'un immense et romantique empire, qui dépasse largement l'Autriche-Hongrie... et cet empire aime s'amuser !
5 musiciens : soprano, flûte, pianoforte, violoncelle, clarinette
Venise Miroir du Monde
Portraits de femmes méditerranéennes
Venise, 17ème siècle. Les navires marchands sillonnent la Méditerranée. La vieille Route de la Soie apporte encore les richesses de l’Orient. Les Arméniens impriment leurs premiers livres, poésie et musique. Les Juifs chassés d’Espagne et du Portugal sont arrivés avec leurs mélopées étranges. Les compositeurs allemands, les Tziganes de Transylvanie viennent étudier la musique nouvelle qui s’invente chaque jour. D'Istanbul, capitale ottomane vaincue par les Vénitiens, parviennent pourtant des voyageurs curieux, et on publie ici des airs turcs ou persans comme on trouve des airs italiens dans les manuscrits du Sultan. On compose des airs en langue grecque, évoquant les héroïnes sensuelles de la mythologie. Les échos des violes de gambes et des luths répondent aux voix lointaines de la mystérieuse Asie. Portraits de femmes des confins de la Méditerranée, qui chantent le chemin parcouru. C’est parfois celui de l'exil, mais aussi celui de la fête et du bonheur. Le zarb accompagne la viole de gambe, la flûte passe du majeur au hijjaz. La stupéfiante ductilité de la voix de Cyrille Gerstenhaber lui permet de glisser d'un affect à l'autre, et d'un style à son opposé, du récitatif à la Tarentelle. Entre deux instants de musique, Jean-Christophe Frisch pose sa flûte, et rend hommage, avec ses talents de conteur, aux femmes de Méditerranée.
Le Monde se reflète dans les canaux de la Sérénissime.
5 musiciens : soprano, flûte, théorbe, viole de gambe, percussions
Eloge de la Folie
Une goutte d'eau tombe de la voûte dans une fontaine, à intervalles régulier. L'écho en résonne sur les murs de pierre. C'est le degré zéro de la musique. Une simple pulsation, presque minérale. Nous sommes à Alep, en Syrie. Ici, on prend en charge ceux que la société a désignés comme fous. On les soigne par la musique, qu'ils apprennent à écouter avant de la jouer eux-mêmes. Le Bimaristan a été édifié en 1354.
Sur l'autre rive de la Méditerranée, le baroque met en scène la folie. On ne compte plus les airs qui dépeignent les passions les plus extravagantes, les héroïnes qui sombrent dans l'hystérie, les nymphes tiraillées entre désespoir, rage et exaltation. Ce sont les Folies, d'aucuns disent d'Espagne, mais aussi la Tarentelle ou la Danse de Saint-Guy.
Ces deux points de vue sur la Folie s'opposent, s'entrechoquent. Peut-être que le Bimaristan réussira à calmer les délires d'Armide et de Didon ? A moins que la Follia de Vivaldi n'entraîne les musiciens-thérapeutes orientaux dans une danse au rythme trépidant, plus propre à déchaîner les auditeurs qu'à les endormir.
5 musiciens : soprano, 2 violons, violoncelle, flûtes, santur, qanûn, percussions, oud, clavecin ou théorbe
Daphné sur les Ailes du Vent
Un tour du monde au 17e s qui reprend les plus grands succès du Baroque Nomade depuis sa création : des Appalaches aux Philippines, de la Chine à l’Inde, de la Perse à l’Ethiopie. Les best-of du Baroque Nomade.
2 chanteurs et 15 musiciens (violes, santur, pipa, harpe, flûtes, percussions chinoises et orientales, clavecin, kamanché, etc)
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cyrille gerstenhaber |
Koto et Vihuela, sushi-tequila
Un conte historique musical
1620, Mexico. Chimalpahin Cuauhtlehuanitzin, noble Aztèque écrit son journal dans sa langue maternelle, le nahuatl. Il relate l'arrivée d'une ambassade japonaise, dont les costumes, les visages, la musique, sont aussi stupéfiants pour les Espagnols que pour les Indiens. Cette ambassade est passée par Manille, aux Philippines, et se rend en Europe. L'empereur du Japon souhaite prendre langue avec le roi d'Espagne, et il envoie un samourai, Tsukenaga Hasekura, au-delà des mers. Il atteindra Séville, la France et Rome, avant de rejoindre l'Empire du Soleil Levant. Il y rapportera une viole de gambe, le plus précieux de ses trésors. Lors d'un autre voyage, des Jésuites qui rentrent du Japon, présentent en Espagne, de jeunes garçons japonais qui chantent admirablement les polyphonies catholiques. La pureté de leurs voix ravit les cathédrales de Grenade ou de Tolède.
On peine à imaginer aujourd'hui à quel point la "mondialisation", culturelle et commerciale, était en marche au 17e siècle. Mexico était un centre économique et culturel qui rayonnait jusqu'en Asie et en Afrique de l'Ouest, pour le malheur des Africains. On y croisait des Chinois ou des Javanais, des marchands péruviens et hollandais, des aventuriers italiens ou des missionnaires portugais. Au Japon, le face à face entre la viole de gambe et le koto, instrument emblématique de la culture de l'archipel, a duré peu de temps, mais il a laissé de nombreuses traces dans les récits de voyageurs. On rêvera aussi à la musique des Iles aux Epices, actuelles Philippines, étape obligée pour les Espagnols qui se rendaient en Asie, ainsi qu'au passage à Mexico de musiciens chinois et japonais. Cette histoire était trop étonnante pour ne pas devenir un conte, en mots et en musique, et pourtant, tout est vrai !
7 musiciens : soprano, koto shamisen et chant, pipa, viole de gambe, flûtes, théorbe, clavecin |
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